Sénateur et Conseillère générale de la Charente

Mauvais signes gouvernementaux quant à la réintroduction des néonicotinoïdes dans l’agriculture

02/10/20 | Tribune libre de Nicole Bonnefoy

stop-neonics01Mauvais signes gouvernementaux quant à la réintroduction des néonicotinoïdes dans l’agriculture

Le projet de loi présenté par le gouvernement à l’Assemblée nationale, en septembre 2020 prévoit une dérogation quant à l’utilisation de produits néonicotinoïdes jusqu’en 2023 !

Ce texte revient sur une avancée majeure pour la protection de la biodiversité. Ce projet de loi ouvre une faille juridique sur l’utilisation de produits phytopharmaceutiques. Contrairement à ce qui est affirmé par la Ministre de l’écologie, ce projet de loi ne cible pas spécifiquement l’enrobage de la betterave et pourrait ouvrir à de nouvelles dérogations pour d’autres types de cultures.

Vingt années de recherches ont conclu à un impact délétère des néonicotinoïdes sur les insectes pollinisateurs, les sols, l’eau ainsi que sur la santé humaine. En 2016, après de nombreux mois de débat au Parlement, la loi sur la biodiversité prévoyait déjà une période d’adaptation des cultures de deux ans avant l’interdiction totale de l’utilisation des néonicotinoïdes pour 2020. Aujourd’hui, nous sommes toujours dans l’attente de la reprise démographique des abeilles !

Avec le rapport "Pesticides : vers le risque zéro", en 2012, j’alertais déjà les autorités publiques sur les conséquences environnementales et sanitaires de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques dans l’agriculture.

Alors que des solutions alternatives et respectueuses de l’environnement existent, se développent et doivent être encouragées, cette dérogation conduirait les agriculteurs à une impasse. De plus, la filière de la betterave n’est pas en danger et ne dépend pas des néonicotinoïdes, mais fluctuent en fonction du marché mondial du sucre.

Au regard des effets persistants des pesticides sur les cultures et les plantes environnantes, la maitrise de leur impact sur les insectes pollinisateurs parait difficile, voire impossible. Les "garde-fous" proposés à l’Assemblée nationale ne sont pas applicables et certainement pas efficaces ! En effet, respecter les conditions météorologiques de "l’hiver doux" ne constitue pas une garantie suffisante pour protéger les abeilles.

Aujourd’hui, au Parlement, nous avons la responsabilité de ne pas céder aux facilités. Nous devons continuer à encourager la recherche et les nouveaux modèles de production agricole.

Au Sénat, je dénoncerai et combattrai cette loi aux conséquences graves pour la biodiversité, la santé humaine et le développement d’une agriculture responsable et durable.

En savoir + :

Dossier législatif de l’Assemblée Nationale
Projet de loi relatif à la mise sur le marché de certains produits phytopharmaceutiques en cas de danger sanitaire
Tribune des acteurs pour la protection de l’environnement
Dossier : Pesticides et impact sur la santé et l'environnement

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