Xynthia : Les sénateurs rencontrent les sinistrés
[ Article Sud Ouest du 14/04/10 ]
Les sénateurs rencontrent les sinistrés
La mission d’information sur la tempête est allée à la rencontre des sinistrés sur le terrain, hier.

Le fameux « train de sénateur » a parfois du bon. Les honorables parlementaires en mission sur les terres ravagées par Xynthia ont pris le temps, hier matin en Charente-Maritime, de rencontrer les maires, de discuter avec les sinistrés, de constater sur le terrain la réalité de ces zones noires qui font voir rouge.
Et ils ont pu mesurer aussi l’ampleur de la colère, l’après-midi, sous les fenêtres de la préfecture de La Rochelle, alors qu’ils auditionnaient les représentants des services de l’État… La petite troupe conduite par le sénateur vendéen Bruno Retailleau, dont fait partie la sénatrice charentaise Nicole Bonnefoy (1), n’entend pas jouer les médiateurs, encore moins les Casques bleus. « Nous sommes là pour écouter, analyser et ensuite faire des propositions au gouvernement », rappelait son président. Un rapport d’étape est prévu en mai, avant les conclusions définitives attendues pour l’été.
Où sont les « experts » ?
À la mairie de Charron comme dans les rues des Boucholeurs, les sénateurs ont pu mesurer la difficulté de leur tâche. Eux qui viennent avant tout pour tenter de comprendre, ont été interpellés sur « l’arbitraire » de l’État et sa cartographie « injuste et incohérente » des zones à risques. « Vous êtes les premiers à venir nous voir, merci ! leur a lancé une sinistrée des Boucholeurs. Parce que les soi-disant « experts », eux, ceux qui veulent raser le village d’un trait de plume, on ne les a jamais vus ! » Son voisin opine du chef : sa maison est restée au sec le 28 février, ce qui ne l’empêche pas d’être condamnée à la démolition. Quant au maire de Charron, Jean-François Faget, il a clairement affirmé qu’il ne fallait pas compter sur lui pour signer des arrêtés de péril.
Pour le sénateur Claude Belot, l’État a dessiné son zonage « à la hache », avec « brutalité ». « Avant de prendre de telles décisions, il faut y réfléchir à deux fois. Pas agir dans la précipitation. »
(1) les trois sénateurs charentais-maritimes, Claude Belot, Michel Doublet et Daniel Laurent, sont également membre de la commission, composée de 12 sénateurs.