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Paris, le 18 octobre
Monsieur le Ministre,
Permettez-moi de vous interpeller au sujet de l'annonce du non renouvellement massif des emplois de vie scolaire dans les écoles charentaises.
En effet, dans le courant du mois d'octobre, 70 employés de vie scolaire (EVS) charentais, qui avaient pour mission d'apporter une aide administrative aux directrices et directeurs d'école, ont appris que leurs contrats ne seraient pas renouvelés après le 30 novembre 2010.
Ces personnes avaient pourtant reçu, au début du mois d'octobre, une lettre confirmant leur renouvellement. Trois jours plus tard, un simple email venait cette fois leur annoncer, d'une manière brutale, qu'après la parution du dernier cadrage du service public de l'emploi régional, « aucun contrat ne serait renouvelé, ni aucun autre contrat accordé, d'ici à la fin du mois de décembre 2010  ».
Cette méthode est plus que contestable. Nous ne pouvons pas tolérer que des travailleurs soient traités avec un tel manque de considération et un tel mépris.
Interpellé à ce sujet, le nouvel inspecteur d'académie de Charente a précisé que « les aides à la direction d'école ne sont plus considérées comme prioritaires ».
Pourtant, les directeurs d'école charentais ainsi que les équipes enseignantes et soignantes, sont tous unanimes : ces EVS sont devenus indispensables.
En effet, les tâches administratives pour la gestion des écoles ne cessent de croître et ne peuvent pas être assurées quotidiennement par le seul directeur d'école.
Les EVS remplissent donc parfaitement leur fonction de soutien en assurant de multiples tâches indispensables : gestion des appels téléphoniques, du courrier électronique, contact avec les familles et les partenaires, organisation d'ateliers d'informatique ou d'arts plastiques, impression et diffusion des notes de service, renseignement des enquêtes diverses, accompagnement aux sorties scolaires...
L'ensemble des directeurs d'école concernés ne peuvent donc pas se résigner à accepter la suppression de tous ces emplois qui va porter préjudice au bon fonctionnement des écoles.
Ils ont, à ce sujet, lancé un collectif pour manifester leur opposition. Une pétition a déjà reçu plus de 400 signatures de soutien.
Ces suppressions semblent se généraliser au niveau régional et national : à titre d'exemple, 500 postes seraient menacés au niveau de la région Poitou-Charentes.
Monsieur le Ministre, vous avez indiqué le 24 juin dernier, en réponse à une question écrite du 22 octobre 2009 relative à la suppression de contrats aidés : qu'« afin d'assurer la continuité des missions exercées par les agents employés sous contrat aidé , le ministère de l'éducation nationale mène, depuis l'année scolaire 2008-2009, une politique de stabilisation de la plupart des postes occupés par des salariés en contrat aidé » avant d'ajouter que : « le Gouvernement a décidé l'augmentation des recrutements de contrats aidés qui s'est traduit pour le ministère de l'éducation nationale par un objectif de recrutement de 5 000 médiateurs de réussite scolaire depuis le 1er février 2009, puis de 10 000 contrats aidés supplémentaires à compter du 1er septembre 2009 ».
Je souhaiterais donc savoir ce qu'il en est réellement et si vous comptez intervenir pour empêcher des dizaines d'établissements et des centaines de travailleurs de se retrouver dans des situations critiques.
Une logique comptable ne peut-être appliquée à l'éducation de nos enfants. C'est donc pour ces raisons que je vous demande d'agir le plus rapidement possible pour empêcher la suppression massive de postes d'emplois de vie scolaire en Charente, comme dans la France entière.
Dans cette attente,
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma considération la plus distinguée.
Nicole BONNEFOY
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